Les différents traitements disponibles pour lutter contre la maladie




La maladie de Crohn n'est généralement pas mortelle, mais elle peut altérer la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes. Elle peut aussi devenir invalidante, d'où l'importance de se faire traiter. A noter que les traitements octroyés par les médecins ne permettent pas aux patients de guérir de cette maladie. Les médicaments ne peuvent que traiter les symptômes et empêcher l'évolution de la maladie. Zoom sur les différents types de traitements de la maladie de Crohn.



Le traitement médical en fonction de l'intensité des poussées


Les médicaments, la chirurgie, la supplémentation nutritionnelle sont les trois options pouvant être prescrites par les médecins pour traiter la maladie de Crohn. Mais il est aussi possible, selon les cas, de combiner ces trois options. Quoi qu'il en soit, le traitement médical est toujours prescrit avant un éventuel acte chirurgical. Le médecin traitant qui est souvent un gastro-entérologue fera le suivi du traitement afin de limiter les symptômes de la maladie dont la diarrhée et les douleurs abdominales, et aussi afin de prévenir les éventuelles rechutes.

La science du système digestif (partie basse(intestin etc..)) est appelée Entérologie


Entérologie : Science de la partie basse de l'appareil digestif


Le choix du traitement se fera en fonction de l'intensité des poussées, mais aussi de la localisation de l'affection. En tout, les médecins disposent de quatre types de traitement médicamenteux pour atténuer les douleurs et diminuer les risques de récidives dont :

• les anti-inflammatoires intestinaux

• la corticothérapie (cortisone)

• les immunosuppresseurs

• les anti-TNF-alpha

Les anti-inflammatoires intestinaux sont principalement les dérivés aminosalicylés. Ils agissent sur la muqueuse intestinale pour arrêter l'inflammation. Ces anti-inflammatoires, comme le 5-ASA, sont prescrits lors des poussées légères et pour les lésions se trouvant au colon et à l'iléon. Les médicaments sont administrés par voie orale. Le médecin peut aussi prescrire du budesonide en lavement en cas d'inflammation importante du côlon distal. Lorsque ces anti-inflamatoires n'ont pas été efficaces ou en cas de poussées d'intensité moyenne, les médecins prescrivent l'utilisation de corticoïdes.

Anti Inflammatoires intestinaux


Anti inflammatoires intestinaux contre la maladie de crohn


Efficaces, ces médicaments agissent activement dans le traitement des lésions et des douleurs. Ils doivent toutefois être administrés à très forte dose au début du traitement pour être diminués ensuite progressivement. Le traitement avec de la cortisone s'étale en général sur au moins deux mois. En revanche, ce traitement expose le patient à des risques d'effets secondaires dangereux, comme un retard de croissance chez l'enfant et un risque de déminéralisation osseuse. Des effets psychiques, comme la dépression, les troubles d'humeur, l'agitation, etc. ainsi que des effets cosmétiques dont l'enflure du visage, l'apparition des acnés ou encore la prise de poids sont aussi évoqués. Il se pourrait aussi que certains patients deviennent dépendants de leur corticothérapie. C'est-à-dire que la maladie réapparait après l'arrêt du traitement.

Schéma de la Cortisone


Schéma de la cortisone


Dans ce cas, les médecins introduiront chez eux un traitement immunosuppresseur par azothioprine ou son dérivé la 6-mercaptopurine. Les immunosuppresseurs sont aussi prescrits en cas de poussées sévères, notamment pour éviter la chirurgie. Ils permettent un contrôle durable de la maladie de Crohn malgré ses quelques effets indésirables, dont les nausées, la fièvre et les douleurs abdominales. Et durant les périodes de rémission où le patient ne présente plus aucun symptôme, les médecins lui prescrivent un traitement d'entretien. Ceci a pour but de limiter les risques de réapparition de la maladie. Le traitement médical par Infliximab et Adalimumab étant le plus prescrit durant cette phase, mais le médecin peut aussi prescrire un traitement par azathioprine (immunosuppresseur).



La chirurgie


Aujourd'hui, la chirurgie constitue une solution de dernier recours pour le traitement de la maladie de Crohn. Elle n'est en général pratiquée que lorsque le traitement médical se révèle inefficace ou lors des poussées sévères (fistule, ulcère perforé ou obstruction du tube digestif).

Problème nécessitant une chirurgie : Ulcère perforé


Perforation de l'Ulcère


Mais tout comme les médicaments, une opération chirurgicale n'assure pas une guérison définitive de la maladie. Le but des interventions chirurgicales est d'enlever les lésions inflammatoires sur les zones touchées et où les traitements médicaux ont été inefficaces. Il s'agit donc de faire une ablation de la partie touchée.



La supplémentation alimentaire


L'inflammation au niveau de la paroi de l'intestin empêche l'absorption par l'organisme des nutriments nécessaires à son bon fonctionnement. Et ceci entraîne des problèmes de nutrition. Chez les enfants, cela se manifeste par un retard de croissance. Faire attention à son alimentation s'avère ainsi nécessaire et indispensable pour assurer l'équilibre nutritionnel. Durant les périodes de poussées, il faut éviter de prendre des aliments agressifs afin de ne pas aggraver les symptômes. Il faut aussi diminuer la consommation de lait, de farine, de produits de boulangerie ainsi que la consommation en fruits et légumes crus.

Eviter les légumes et fruits crus


Fruits et légumes crus




Boire le plus souvent possible


Il faut boire le plus souvent possible lors d'une inflammation digestive


En effet, ces aliments feront augmenter le volume des selles, ce qui pourrait irriter encore plus l'intestin lors de la défécation. Il faut par ailleurs boire suffisamment afin de compenser les pertes en eau causées par la diarrhée. Les médecins recommanderaient aux patients des suppléments afin de corriger la malnutrition et d'éviter les carences nutritionnelles en vitamines, en minéraux et en protéines. L'administration de ces nutriments par voie intraveineuse pourrait être prescrite pour éviter d'irriter l'intestin durant les périodes de poussées. En dehors des périodes de crise, les fruits et légumes peuvent être réintégrés dans l'alimentation du patient.